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L’ANCRE

6000 Charleroi
Durée : 2016
Localisation : 6000 Charleroi
Maître-d’ouvrage : Ville de Charleroi
Architecture : H&V
Stabilité :
  • be Greisch
Paysagisme :
  • Coloco
Techniques spéciales :
  • be Greisch
Acoustique :
  • Kahle Acoustics
Scenographie :
  • TPC
Signaletique :
  • PAM&JENNY
Intervention-artistique :
  • Olivier Sonck
Programme :

Restructuration et extension énergiquement exemplaire du théâtre

Surface : 2.870 m²
Budget : 4.650.000_HTVA
Statut : Appel d'offre - Shortlisté

CONTEXTE

Dans l’élan d’une ville basse en pleine mutation, l’Ancre questionne de nouveaux horizons et par-delà son urbanité en tant que lieu de création.

Le diagnostic physique de la situation existante renvoie à deux niveaux de lecture, l’une dans l’observation (le mesurage) de l’assemblage de maisons et d’annexes dans lequel   l’Ancre a trouvé ses marques en cohabitation mitoyenne totale ; l’autre à l’échelle d’objets urbains plus affirmés, typiques du skyline carolo, tels que la tour de l’Hélios et le bâtiment FGTB qui répondent plus directement au viaduc.

Centralement, dans cet ilot en pente, s’étend aussi, au milieu d’autres jardins, un grand jardin, microcosme non bati désirable et plus grande pièce de cette mosaïque. Cet héritage hybride souffre de lisibilité car hormis sa renommée, ses fresques octopussiennes et de grands moments festifs, difficile d’identifier la présence d’une scène. Celle-ci souhaite s’agrandir et ses nouveaux plateaux réclament pour le moins 10.000.mètres au cube. Les enjeux s’avèrent multiples : performance, économie, accessibilité et par-dessus tout une nouvelle visibilité.

CONDITIONS

A la rencontre d’un programme idéalisé, nos propositions fonderaient d’abord leur réalisme sur :

-une soustraction de toutes volumétries côté rue de Montigny, tant leurs réaménagements spatiaux et normatifs nous semble un combat vain et sans bénéfice pour les nouveaux besoins scéniques de l’Ancre.

– un déblai de terres en suffisance que pour asseoir un niveau de référence simple et de plein pied pour des nouveaux plateaux faisant preuve d’intégration dans l’ilot.

Dans et grâce à ces conditions, vecteurs d’économie pour un chantier ainsi clarifié, accessible et envisageable de façon largement préfabriquée, il y aurait ensuite recherche d’une écriture architecturale contemporaine, mi- machine, mi- caméléon, capable d’intégrer, par adaptation, les fragments d’une composition hybride qui envelopperait l’évolution de vos priorités programmatiques. Soit un projet se déclarant avant tout   comme support de fonctionnement   au service de l’expression du nouveau site de l’Ancre en tant que lieu de création, participatif et ouvert à tous.

PROGRAMMATION

Poursuivant cette réflexion, la volonté de connexion maximale au contexte urbain et la gestion des moyens disponibles nous mène à choisir quelques orientations stratégiques qui synthétiseraient votre projet très rationnellement en 3 niveaux de référence :

LE NIVEAU DES PLATEAUX

L’objectif serait de livrer prioritairement deux salles neuves, orientées scène dos à dos d’accès très simple rue de Montigny, permettant flexibilité, simultanéité, et mutualisation des dispositifs. On y trouverait une atmosphère d’un noir lumineux :

-la grande salle, configurable en situation frontale ou bi frontale dégagerait une polyvalence de plateau de +/-12x12m à +/-15x15m pour 400places assises dont 240 rétractables. Un public debout de 480 personnes pourrait s’y tenir dans des conditions d’accès et de fuite réglementaires.

-la petite salle proposerait quant à elle un plateau de 8x8m pour une audience de 105places assises passant à +/-200places debouts moyennant un gradin partiellement rétractable. Cette petite salle ne veut pas être le clone de la salle existante. Plus large, l’angle de vue y est volontairement plus plongeant, projetant le public dans une relation accentuée avec une scène que nous envisageons comme un lieu de mutualisation et d’accueil participatif. Chacune des salles est adossée à une des circulations verticales nécessaires au projet, ce qui leur offre de facto   tous les liens nécessaires plateau- grill /plateau-loges sans redondance.

Corolairement, la trajectoire des accès pour matériel technique démarre d’une cour d’accueil et de déchargement, lieu d’urbanité que nous défendrions en prolongation du trottoir rue de Montigny, C’est aussi sur cette trajectoire que se déposent entre salles les accueils au public desk-sanitaires-vestiaires. Sous le gradin de la petite salle sont en outre logés à discrétion contre trottoir des prévisions de locaux techniques de manière à ne pas hypothéquer l’accès du public tel que présenté.

LE NIVEAU DU FOYER

Une fois une simple volée montée, on se trouve au centre du projet. Le foyer s’y déploierait en grande articulation, connectée   à une trajectoire horizontale venue de la rue de l’Assaut, depuis le viaduc. Moyennant un nouveau passage sous le ventre du n ° 12, c’est la seconde manière d’entrer dans l’Ancre et aussi une forme d’autonomie pour le bar- brasserie qui y a trouvé place, accessible de partout. C’est aussi un grand moment de respiration qui conserve une habitude à l’Ancre qui semblait jusqu’ici avoir disparu mais conserve bien un rôle au cœur du projet : on peut sortir au patio, nouvelle forme du jardin, ouvert sur les possibles. Réunion, podium, after, nous l’envisagerions comme une scène au même titre que les autres, possédant un gril mais végétal celui-ci, à rêver ensemble.

LE NIVEAU DES ARTISTES

Par-dessus ce niveau, s’étire un autre plan qui se lie tout autant aux grils et aux plateaux et où cohabitent le staff, l’espace régisseurs et les loges d’artistes en version compacte ou plus large. On peut en effet réfléchir en partage puisque via le potager, sur une pente accessible même aux moins valides, on rejoint et accoste au rez de l’assaut n°16. La maison des artistes y garde toute sa place, rénovable en tout ou partie. Les communs du rez de chaussée ainsi qu’une intervention de base aux étages 1 et 2 sont prises en compte. On peut ainsi en tous les cas y vivre à son rythme avec ses propres portes.

 

EXPRESSION

Ainsi apparait l’une des nouvelles forces de l’Ancre qui est d’être un lien urbain, mettant en contact tous les seuils entr’eux, d’une cour rue de Montigny, jusqu’au portail de l’Assaut, passant par le patio, traversant les jardins.

Pas à pas, le projet propose donc de mettre en scène les fonctions et les flux considérés comme vitaux à l’installation neuve de l’Ancre en lieu de création à 2 plateaux inscrits dans le respect des rapports mitoyens.

L’Ancre possède déjà identité et expression graphique reconnaissable. Sans aucun esthétisme ni parachèvement ostentatoire, la volonté de notre projet serait de se comporter à tout moment comme un support disponible, au service d’une expression forte, composée de dispositifs scénographiques, d‘installations graphiques, et de contamination végétale.