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FRASNES – LES BASSINS

7910 Frasnes-Lez-Anvaing
Durée : 2018
Localisation : 7910 Frasnes-Lez-Anvaing
Maître-d’ouvrage : Commune de Frasnes-Lez-Anvaing
Architecture : H&V Architecture
Paysagisme :
  • Sweco SA
Programme :

Aménagement et valorisation touristique des anciens bassins de décantation de Frasnes

Surface : 600 m²
Budget : 1.180.000_HTVA
Statut : Appel d'offre - Shortlisté

>L’USAGE PLUS QUE L’IMAGE.
Reconnu en tant que réserve naturelle domaniale au cœur du pays des collines, le remarquable site des bassins enrichit désormais pleinement le territoire de Frasnes -lez-Anvaing.
Forte d’une tradition sucrière ancrée dans le XIXe siècle, la Commune a en effet hérité des qualités de cet atypique paysage lagunaire dont l’ADN se compose d’une part d’héritage postindustriel et d’une autre part désormais contenue dans une nouvelle valeur biologique incarnée notamment par son avifaune.
Plus physiquement, on peut observer la zone humide des bassins, initialement conçus comme vaste processus de décantation et de stockage, comme inscrite dans le creux topographique de la micro vallée de la Rhosnes, ou elle devient maillage de transition entre les étendues agricoles, la zone d’activités économiques et les quartiers urbanisés du centre-ville frasnois. La maison de repos et la résidence services du CPAS forment les cohabitations visuelles bâties les plus proches. En regards plus lointains, ce sont le clocher de l’église St martin et l’élancement de l’impressionnante tour de l’ancien four à chaux qui ponctuent l’horizon respectivement vers l’est et le sud.
Nourris d’un diagnostic faisant converger les préoccupations liées à la mémoire d’un patrimoine agro industriel, l’accompagnement scientifique et pédagogique déjà bien entamé sur la Réserve Naturelle Domaniale et le désir d’une invitation au site des bassins ouvrant à plus d’usages partagés au sein des espaces les plus appropriables, nous proposons de développer le scénario d’une valorisation dont les principaux objectifs seraient :
– la continuité respectueuse des installations déjà concrétisées.
– l’absence de pression architecturale au profit de l’ouverture aux usages.
– une nouvelle lisibilité composée de dispositifs (architecturaux, paysagers ou artistiques) concentrés essentiellement sur l’accompagnement de rapports spécifiques entre l’humain (corps et esprit) et l’environnement à découvrir.

>DE FRASNES VERS LES BASSINS.
Hors lui, dans une approche cardinale, le site serait dès lors mieux présenté et signalé comme connecté (-table) aux principaux parcours piétons urbanisés et aux réseaux de promenades vertes tramant l’environnement frasnois.
Les nouveaux liens à révéler sont plus particulièrement ceux portés par la ZAE ou l’ex trace ferroviaire, les chemins de terre agricoles et pourquoi pas de nouveaux cheminements concertés pourraient devenir les parcours d’une compréhension de ce qui lia culture, production et décantation.
Le site pourrait ainsi posséder 4 « portes », la porte des champs déjà posée à l’ouest, guidée par la Rhosnes, la porte du sucre au sud nouvellement venue et déclarant l’histoire mais aussi sa connivence avec le site du Forem, la porte de l’eau au nord, où s’expliquent l’épuration et le stockage, et enfin au sud, la porte des bassins, porte éponyme du site car la plus urbaine et la plus équipée, ou s’affirmeront principalement nos éléments de couture.
En chaque point focus, un totem signalétique (T) se ferait support informatif et descriptif d’explications particulières aidant à la compréhension et au respect de chaque micro contexte
Ces portes pourraient devenir simples seuils équipés de bornes amovibles ou demeurer portails. Nous ne posons aucun choix définitif tant cette approche doit rester objet d’une concertation mesurée avec tous les acteurs liés à cette valorisation.

>DES BASSINS VERS LA RÉSERVE.
En lui, le site porte déjà l’énoncé d’une partition en 3 moments, dits d’accueil, d’observation et ensuite d’immersion, réclamant plus on s’avance la précaution voire l’invisibilité.
Chacune possède ses propres questionnements programmatiques dont voici notre approche sensible.

 

L’ACCUEIL ET LES LOISIRS…
En interface explicite entre la ville et les bassins, UNE GRANDE PROMENADE simple, directe et carrossable quand nécessaire (sécurité-livraisons-entretien) fait couture avec les aménagements urbains et les emmènent jusqu’aux berges les plus douces.

Le long de ce nouveau parcours, se pose UN PAVILLON poreux, léger, vivant tant il se fait support de végétal et capteur d’énergie. Deux entités le composent pour la plus grande souplesse d’usage, l’une dédiée à l’information, l’administration et aux expositions, l’autre à la restauration, au plus près de l’eau. Entr’elles, s’offre UN ESPACE CENTRAL ET COUVERT, lieu de rassemblement et d’information liant tous les publics. L’eau et les commodités y sont accessibles en tout temps. Mi- halle, mi- placette, c’est le lieu de rencontre et des grandes activités collectives mêlant tourisme vert, sports, fêtes rurales et intérêts pour l’environnement.

Les abords du pavillon reçoivent des aménagements paysagers en forme de bosquets et de prés fleuris, faisant eux aussi couture avec les limites voisines, et définissent des temps de pose et de jeux. Vers l’ouest s’ouvre UN PETIT PAYSAGE DE COLLINES qui forme le cirque vert protecteur d’UNE GRANDE PELOUSE que nous laisserions très libre pour que puissent s’y installer toutes activités scolaires, festives, gastronomiques, sportives …en groupe ou en famille. Faisant écho au pavillon et appel au site, s’élance LA VOLIÈRE. De même vocabulaire que le pavillon, légère et poreuse, on peut s’y envoler et embrasser du regard les bassins, mais aussi l’enclos des amphibiens et des jardins maraîchers, activité collective qui pourrait cohabiter avec celle du Forem.

L’aboutissement de la promenade découvrant le premier bassin et embrassant un paysage de collines ou volière et tour industrielle se font écho constituerait LA VUE ICONIQUE DU SITE.

Plutôt que de survoler l’eau, on pourrait choisir de la surplomber sur UN GAZEBO prenant place sur la petite structure existante lovée à l’angle du bassin 12, ou encore d’y flotter, sur UN RASD’EAU le bien nommé, là où le contact pourrait être le plus ludique.

 

…L’OBSERVATION…
Une fois franchie la passerelle qui enjambe les bassins 10 et 11, on aborde tant symboliquement que physiquement la séquence de l’observation, au sein de laquelle nous souhaitons conserver la majorité des installations déjà présentes in situ et qui font sens. Cette première famille d’objets et de positionnements (passerelle-cabane-tables-supports photos-promontoires-hôtel insectes-clôtures…) structure en effet une trame de lecture. Nos propositions se mettraient au service de cette lecture par l’accompagnement ou le renforcement via des dispositifs architecturés volontairement sobres, légers et les plus préfabriqués possibles en vue d’une éventuelle expérience de chantiers participatifs.

En termes de micro-projets, LA LUNETTE et LES PÉRISCOPES se proposeraient comme nouveau vocabulaire pour des points d’observations conservés mais plus attractifs sur les bassins 5 et A0. En écho à la cabane pédagogique, elle aussi conservée, un nouvel auvent deviendrait L’ABRI de la grande table orientée sur le bassin n°6. Cette composition priorisée conforterait la nature de point de rassemblement de ce petit plateau haut et directionnel sur le site.

Une nouvelle station marquée par un lutrin informatif (L) nous semble d’ailleurs souhaitable en vue sur L’ICONIQUE BASSIN 1 tans sa forme spécifiquement allongée lui donnant presque des allures de canal le renvoie à sa fonction de bassin d’entrée initiale des eaux et magnifie les silhouettes industrielles ancrées dans leurs reflets.

Plus au Nord, au point culminant du site, pourrait s’installer LE VISEUR, cadrant à la fois une vue sur le bassin S1 et une autre sur le clocher de St Martin. Cette sculpture tubulaire habitable renverrait à l’imaginaire des cuves et autres pipes qui caractérisent le site en tant que process hydraulique.
En termes de flux et de modelage, la création d’un nouvel accès par la porte du sucre induirait la proposition d’un cheminement complet autour du bassin 10 ainsi qu’une mise en scène de l’enclos des SOAYS. Afin d’amplifier leurs contours, UNE FUSION DES BASSINS 8 ET 9 pourrait s’opérer sans perturber les paliers gravitaires. Une ILE se dessinerait alors telle un sanctuaire pour la faune, intouchable par l’homme. De même, nous conserverions la fermeture végétale des bords est des bassins 9 et 12 sans forcer leurs contours. Seul le défrichage d’une percée sur la Rhosnes pourrait rappeler la présence de la rivière non pas comme une impasse mais comme un aboutissement.

 

…L’IMMERSION.
Au-delà de l’entonnoir naturel, même philosophie de précaution. Nos interventions consisteraient à conforter les 2 points d’observation sur le grand bassin S1 et à les traduire dans un nouveau vocabulaire visant littéralement à les faire disparaitre aux yeux de la faune.
LE PERCHOIR, observatoire conservant le bénéfice d’une position du regard en étage serait réaliser prioritairement comme spot attractif, s’intégrant sobrement au végétal jusqu’à s’en recouvrir tandis que son escalier servirait de gradins pour la pose d’un groupe.
LE TERRIER quant à lui proposerait l’enfouissement pour une observation des berges au ras de l’eau. Soit un degré d’effacement croissant à la mesure de l’immersion dans la réserve.

Sur l’ensemble des cheminements proposés dans ces 3 séquences considérées comme clôturées et sécurisées en leur état initial, seront positionnés une série de LUTRIN (L) porteurs d’informations thématiques, pédagogiques ou directionnelles qui alimenteront l’intérêt de tous les publics désormais invités à mieux appréhender ce territoire si particulier.