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STAVELOT – CENTRE CULTUREL

4970 Stavelot
Durée : 2017
Localisation : 4970 Stavelot
Maître-d’ouvrage : Ville de Stavelot
Architecture : H&V
Stabilité :
  • be Greisch
Techniques spéciales :
  • be Greisch
Consultant-energie :
  • be Greisch
Acoustique :
  • Kahle Acoustics
Scenographie :
  • Architecture & Technique
Signaletique :
  • Holoffe&Vermeersch
Intervention-artistique :
    Programme :

    Mission globale d'étude et de requalification d'une aile de l'Abbaye de Stavelot en Centre culturel contenant une salle de spectacle de 300 places

    Surface : 2.000 m²
    Budget : 1.600.000_HTVA
    Statut : Appel d'offre - Shortlisté

    DIAGNOSTIC.

    Dans ce site abbatial devenu territoire urbain ou chaque acteur culturel a su trouver accueil et identité singulière, l’aile n’étant plus Belgacom devient support potentiel.

    Tout d’abord, puisque que la détermination collective aborde cet environnement patrimonial sous l’angle de la conservation, d’autre part, parce que le bâti d’ores et déjà inscrit livre une enveloppe saine et des mensurations certes atypiques mais capables au regard des demandes programmatiques, il y a volonté d’un projet mené par soustraction et adaptation, sans maniérisme ni débordement. Soit un premier cadre entre façades et sous toitures existantes vidé au 4/5 de toute forme de contenu au-dessous du niveau de sa corniche.

    Ensuite, grâce à cette respiration assumée, il y a recherche d’une écriture architecturale à même d’opérer le croisement d’une double invitation à tout public venu à la rencontre de l’abbaye comme d’une nouvelle scène :

    – du sud au nord, de l’Amblève à l’Esplanade, de la rue vers les ruines, un passage lisible « au travers des murs » menant très directement à la cour dans une trajectoire inédite. ;

    – d’est en ouest, « entre les murs », une déambulation proposant d’accéder à une salle qui se sera glissée délicatement entre foyer et plateau.

     

    IDENTITE.

    On pourrait dire que le Centre Culturel de Stavelot a plutôt une programmation de base de type théâtre et art de la parole. Plusieurs espaces au sein de l’abbaye se font déjà plateaux en période de festival, pour exemple -la salle Prume, le réfectoire des Moines, la cour sous chapiteau. Autant de typologies certes diverses mais très reconnaissables. A la convergence des enjeux actuels de l’exploitation et des ressources disponibles, la nouvelle salle réclame typiquement capacité et polyvalence.

    Comment dès lors ne pas tomber dans l’anonymat des grands frontaux rétractables…

    Face à un plateau de 10x10m, déposé rez de jardin, niveau rue des Moulins, un gradin mobile de 168 places pose effectivement une première jauge pouvant dégagé un parterre pour+/- 420 personnes si besoin.Ce sera donc le niveau des accès -matériels et des spectacles debouts. Mais dans ses prolongations tant frontales que latérales, ce sont des balcons fixes qui, dans un esprit à l’italienne, forment au niveau cour cette fois, un effet corbeille offrant à 146 autres places assises une belle proximité à une scène stavelotaine certes efficace mais surprenante.

    Un petit olympia accueillant sous gril technique tant le théâtre que le jazz, le rock ou des musiques plus émergentes.

    Cette spatialité devient identité.

    Evidemment, il faut faire le noir aisément. Tous les bétons seraient apparents et les autres matériaux peints de couleur sombre. Aucune esthétique superflue n’est requise sinon l’expression des équipements scénographiques.

    Sous le ventre de la salle, posé en interface, un foyer double hauteur gère les grands flux au niveau jardin et y propose bar, vestiaires et sanitaires. On peut y trouver centralement un petit plateau complémentaire, support de programmations alternatives. Un grand escalier ouvert invite à rejoindre le foyer haut et aussi la cour devenue très facile d’accès. On y trouve un desk, lieu d’une présence physique sur cour, visage de l’équipe, ainsi qu’un dispositif mobile permettant un accueil pédagogique autonome. Des expos y sont possibles. C’est par contre un espace plutôt blanc qui déambule vers les balcons d’une salle devenue objet. Un cadre dans la cadre.

    A l’aplomb du foyer, se situe le plateau du staff administratif. Un open space et un bureau confidentiel y cohabitent avec une salle de réunion programmée comme un espace de rencontre mutualisé entre équipe, techniciens et artistes, connecté par ailleurs au gril technique. Par disponibilité de surface, un second atelier pédagogique supplémentaire pourrait y prendre place.

    Conjuguée au noyau programmatique de base salle-foyer, un back stage en proue ouest de la nouvelle aile culturelle empile des espaces de stockage, un rez des artistes composé des loges et d’un réfectoire commun ainsi que les locaux techniques.

     

    EXPRESSION.

    Toutes ces nouvelles dispositions spatiales composent un nouveau contenu dont l’existence pulse derrière un ensemble de façades entièrement conservées exception faite de moments très ciblés de nouvelles portes et seuils qui méritent un travail spécifique pour lancer de belles invitations vers l’abbaye et la nouvelle scène en particulier.

    Ainsi, sur cour, c’est tel un second porche que s’installe un dispositif vertical mi porte- mi signal, une porte parmi les autres portes donnant sur un immense seuil commun, une petite monumentalité capable de s’affirmer juste par le rapport d’échelle qu’elle entretient avec les codes des autres élévations

    Tout aussi métallique, sur la rue des Moulins c’est un ensemble plus horizontal qui se positionne en socle d’appel et devient la aussi nouvelle expression circonstanciée en écho à une petite placette qu’il serait souhaitable d’aménager pour un meilleur espace partagé entre les riverains et l’aire de parking sud. Toutes les autres baies, existantes, reçoivent un nouveau châssis ou un panneautage en correspondance avec les espaces concernés, signe que l’ex aile Belgacom s’est bien remplie d’une nouvelle ampleur sur une matrice désormais totalement culturelle.